Tenir compte des fondamentaux du journalisme à l’heure de la digitalisation de l’information

 Tenir compte des fondamentaux du journalisme à l’heure de la digitalisation de l’information

Carnet du Journaliste Acte 1

Par Ayegnon T. Kossi Blaise, Expert CFI Média, DP de L’ŒIL D’AFRIQUE Média, Président de FIJEEF

L’ŒIL D’AFRIQUE, LE 19/03/2022

+22890214293/92178279

Le journal est à la croisée des chemins. Par la connexion Internet, l’information se traite de moins en moins, parce que diffusée en direct. Le direct prend de l’avance sur les autres médias, les médias classiques tels que connus avant l’ère Internet, l’ère des médias numériques. Cette nouveauté impacte tous les autres médias, ceux qui continuent de faire la collecte, le traitement, et la diffusion, par les supports tels que connus, il y a encore quelques moments, malheureusement victimes, sont en voie de disparition.

Désormais, les fondamentaux du journalisme ont la vie dure. Les médias ne traitent plus les informations comme cela se doit. Les nouveaux médias ont le vent en poupe : seulement un “clic” et l’information est en ligne… les médias numériques sèment à tous vents, prenant de l’avance sur les grands titres des canaux professionnels.

La diffusion instantanée de nouvelles, brise désormais une bonne partie de la chaîne de production à l’ancienne. Et Facebook live et autres ont réussi à faire du journaliste professionnel, un pigiste qui leur doit tout, sans connaître l’ampleur et les avantages liés à ses publications.

Ce faisant, le recoupement de l’information, le croisement des données, la vérification des faits, pour être en phase avec son temps, se passent plus rapidement qu’on l’imagine, au point que les chances à l’erreur sont si grandes, car quoiqu’on dise, la fonction de vérité est parfois liée à l’impératif de temps, d’hommes de compétences qu’aucune machine ne peut prétendre remplacer. Le nouveau journaliste, sans connaître le métier à fond, peut-il vraiment se protéger des conséquences de ses errements ?

Pire encore, sans connaitre les algorithmes sur lesquels se jouent les grandes « decisions makers » de la publication de son information…

C’est dire que la compétence du journaliste traditionnel est indispensable à mettre au service du nouveau média, et au même moment, les nouveaux enseignements du « computer science » doivent être acquis par les médias d’où la refonte de l’éducation journalistique que prône la Fédération Internationale des Journalistes Editeurs et Ecrivains Francophones (FIJEEF).

Ainsi l’objectif d’un journalisme sérieux ne sera pas seulement d’atteindre un large éventail de lecteurs, en se servant de la pénétration Internet, mais il faut tenir compte de la qualité dans le traitement de l’information diffusée, mettre le savoir-faire journalistique et le computer science ensemble pour produire un nouveau journalisme de qualité.

Sans ce constat, l’impression qui se dégage c’est que le journalisme, tel qu’il se fait aujourd’hui, ne répond plus aux fondamentaux du journalisme, et ne saura servir le développement. Bien attendu, les supports de diffusion actuels ont des avantages indéniables, mais les préalables sur le contenu, quels que soient les impératifs d’instantanéité, doivent être respectés.

N’est pas journaliste qui le veut !

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