Le Bénin peut-il surprendre le monde ?
L’Oeil d’Afrique, le 02 Septembre 2025
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Jadis petit village d’Afrique de l’Ouest, théâtre des controverses historiques de l’époque de la traite négrière, puis marqué par les incertitudes des régimes de Maga, Apithy et Ahomadégbé, le Bénin a traversé de nombreuses mutations politiques. Il a expérimenté une parenthèse socialiste Avec Feu KEREKOU durant la guerre froide, avant de s’ouvrir à travers les conférences nationales du début des années 1990.
Aujourd’hui, après trois présidents démocratiquement élus depuis l’ère du renouveau démocratique, SOGLO KEREKOU YAYI, le Bénin semble tracer une voie singulière dans une région ouest-africaine souvent électoralement instable. Le pays a mis le cap sur le renforcement de sa démocratie, notamment par le respect annoncé des limitations de mandats présidentiels — un fait rare dans la sous-région. Plus encore, le président sortant a confirmé sa volonté de quitter le pouvoir, tout en renouvelant la classe politique par la désignation d’un jeune économiste et financier, en la personne de Wadagni Romuald. (Voir photo)
Cette annonce, relayée comme une traînée de poudre à travers le monde, est perçue comme un signal fort sur plusieurs plans. Elle contraste avec l’instabilité théorique des systèmes africains, souvent minés par la cupidité, la prédation institutionnelle et l’incertitude qui fige le progrès.
Depuis ce tournant historique, le Bénin fait preuve d’une constance dans ses choix politiques, une constance qui mérite non seulement d’être saluée, mais surtout protégée, tant les “mauvaises herbes” de l’autoritarisme sont promptes à regagner du terrain.
En effet, la prochaine alternance, probable et attendue, pourrait renforcer les valeurs démocratiques dans la région et instaurer un modèle de gouvernance responsable. La preuve ? Ce pays, encore considéré comme un “petit village” jusqu’en 1990, est en pleine métamorphose. Il progresse dans une gouvernance rigoureuse, fondée sur la redevabilité et l’efficacité.
La constance affichée par le Bénin prouve que tout est possible. En attendant, les regards sont tournés vers l’élection à venir, et surtout vers la venue du nouveau président. Plusieurs projets d’envergure, notamment la construction de la zone portuaire de Grand-Popo, attendent d’être concrétisés. Ce projet ambitieux avait déjà été annoncé sous le mandat du président sortant, Patrice Talon.
Parlant de Talon, son bilan a positivement surpris, au point de mériter reconnaissance. Le respect de l’alternance ouvre aujourd’hui une chance réelle au pays de Béhanzin de rompre avec la pauvreté et de disposer d’un conseil de sages — anciens présidents patriarches — capables d’indiquer la voie à suivre.
Cependant, des défis majeurs subsistent, notamment en matière de sécurité. La présence des groupes terroristes au nord reste un sujet préoccupant. Ce défi devra être relevé par la légitimité renforcée d’un président élu démocratiquement, dans le respect des textes et des institutions.
AYEGNON TOVALOU KOSSI BLAISE
JOURNALISTE EXPERT
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