EMAPE au Togo: le PDGM offre une formation pratique aux orpailleurs artisanaux

 EMAPE au Togo: le PDGM offre une formation pratique aux orpailleurs artisanaux

AFEMET assure la coordination des coopératives d’orpailleurs de la région centrale

L’OEIL d’Afrique, le 25 avril 2022
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Un jeudi matin à Sotouboua. C’est à Kazaboua, sur un site d’extraction artisanale de l’or, que la rédaction de L’OEIL D’AFRIQUE, votre journal, pose sa caméra. Il s’agit de vous livrer ces quelques informations de terrain sur l’exploitation de l’or effectuée par les orpailleurs membres des coopératives encadrées par l’Association des Femmes du Secteur Minier ou en Entreprise du Togo (AFEMET), ce, dans le cadre du financement de la Banque Mondiale pour soutenir la réorganisation du secteur minier, sur plusieurs axes, en terme de réduction des vulnérabilités, de renforcement de la chaîne de production, de l’inclusion genre.

En effet, il a été identifié dans le volet exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) partant des expertises des institutions de Breton Wood, en vue de la réduction de la pauvreté, que les exploitations minières artisanales à petite échelle, sur bien d’aspects, contribuent par le profit qu’elles génèrent aux populations locales, de réduire les vulnérabilités.

Mais encore, faut-il organiser ce sous-secteur, à défaut de le régler sous les principes, de manière à générer des emplois, sans pour autant être soumis à des dérèglements de l’économie.

Un site d’extraction d’or à Kazaboua dans la préfecture de Sotouboua a donc servi de base expérimentale à la pratique des outils dans le secteur minier. Des membres de coopératives d’orpailleurs initialement formés et encadrés par AFEMET ont été prises en compte par la série de formation initiée par le Projet de Développement et de Gouvernance Minière (PDGM) sur les techniques d’orpaillage et les meilleures pratiques à observer pour faire un orpaillage respectant les consignes de protection de l’environnement.

Une formation dispensée par deux Experts venus du Canada, qui pour une meilleure accessibilité à l’information technique aux stagiaires ont usé de méthodes pédagogiques. En illustration, des sobriquets ont été assignés aux machines, un ensemble de machines d’aptitude et de capacité différentes, à même d’assurer chacune un rôle dans la chaîne de production, du plus petit au plus grand. Ce pourquoi, elles ont été mises en relief dans des appellations : papa, maman, cousin et bébé (la plus petite machine étant capable seulement de travailler sur des granulométries faibles, et au besoin, des instruments de filtrage).
Il a été également précisé aux stagiaires, la pente d’inclinaison à adopter pour la machine, les différents outils de maintenance à avoir.

La formation bien que faite en français a nécessité l’intervention d’un assistant à l’interprétation en langue locale, le chef d’équipe de terrain de l’AFEMET, Alaye Abalo. Des travaux de préparation élaborés par les intervenants du programme pédagogique ont permis à asseoir une base de prérecquis pour une accessibilité des enseignements. L’essentiel pour ces formateurs aguerris à la pratique d’orpaillage, est de faire passer le message.

Des informations importantes quant à la réalisation et l’aboutissement de cette approche qui valorise la personne humaine, dans ce cas d’espèce, les orpailleurs et les orpailleuses.

L’objectif dans cette pratique, selon le formateur Robert Gagnon, est de se servir de la densité de l’or (19) qui en présence de l’eau et des autres minéraux (dont la densité est généralement inférieure à 9) a tendance à migrer vers le bas. Un excellent exercice pratique, qui a eu le mérite de garder, les orpailleurs et orpailleuses sur tout le parcours, ensemble avec les formateurs, dans une ambiance de réciprocité dans les échanges et gestions des graviers et sables alluvionnaires.

Boukari Ayessaki, le Coordonnateur du PDGM, présent à cette formation, confie qu’un diagnostic a été fait au tout début, pour comprendre exactement comment l’orpaillage artisanal se fait au Togo et voir comment le projet peut fait un apport conséquent. Ainsi après les formations théoriques, les sensibilisations et la réorganisation en coopératives (aujourd’hui plus de 90), trois kits de matériels nécessaires ont été acquis pour faciliter l’orpaillage sur tout le processus l’exploration, l’exploitation et la transformation. Ces formations qui se déroulent dans les zones où se fait l’orpaillage ont été initiées pour former les acteurs à l’usage de ces matériels.

Pour la Présidente de l’AFEMET, Dr Rosine Abalo, 16 activités ont été menées sur le terrain depuis le début du contrat avec le PDGM, afin de la formalisation des orpailleurs. A ce jour, les orpailleurs sont conscients de leur activité et peuvent en parler ouvertement, sans peur ni langue de bois, c’est déjà un acquis, a-t-elle précisé, avant de poursuivre que la dynamique aujourd’hui est de pouvoir s’organiser pour que l’orpaillage sans le PDGM soit une issue d’émancipation et d’autosuffisance.

En réalité, l’or existe bel et bien au Togo, mais la production est pour l’instant artisanale. Les artisans miniers encadrés depuis 2ans par AFEMET à Agbandi, Yaloumbè, Kaza, Kpéléwaï, Kéméni, Agbadaoude (la liste n’est pas exhaustive) regroupés en coopératives, 51 coopératives au total, dont 25 mixtes, dans le cadre du PDGM ont effectivement bénéficié des formations en Leadership, gestion de revenus, …et dernièrement en technique de production de l’or.

Ceux qui interviennent dans la production, ne disposant pas le plus souvent des techniques adéquates, ne possédant pas d’outils adéquats, moins encore les techniques à même de leur faciliter la tâche, et d’augmenter leurs rendements, peuvent se réjouir aujourd’hui de ce que le terrain est en préparation pour que l’orpailleur togolais vive du fruit de son labeur. Ainsi, l’une des recommandations prises en compte par le projet PDGM semble se matérialiser. Plusieurs acteurs ont été appelés à intervenir… ce qui justifie les présentes formations organisées dans les zones recensées comme abritant l’orpaillage notamment dans les régions des plateaux, centrale et de la Kara.

Il faudrait noter la présence effective des responsables des structures impliqués dans la mise en oeuvre de la sous-composante A6 du PDGM notamment le Coordonnateur Ayessaki Boukari, la Présidente de l’AFEMET Dr Rosine Abalo, le Directeur Régional des Mines et de la Géologie, région centrale, AGBO Segbaya, le Représentant du Ministère des Mines et des Énergies, Adjehoun Kossi Nestor.

Commentaire:

Précisons que pour rendre la production rentable, la formation a été couplée par un groupe de géologues afin d’identifier le site susceptible de pourvoir; la gestion environnementale et l’assainissement du milieu ayant également fait partie des principes à respecter durant la formation. Aussi des sites d’enfouissement de déchets de consommation ont-ils été mis en place.

Pour le Directeur Régional des Mines et de la Géologie, Région Centrale, le souhait est de voir des écoles de technicien se mettre en relief pour la conceptualisation de ces types de machines, afin d’aboutir à un travail assez productif, en lien dans la chaîne mondiale, avec la production et le contrôle de conditions de vie.

Le soucis majeur des initiateurs est d’œuvrer de sorte que la production de l’or respecte autant la dignité humaine. Il a été remarqué que le secteur minier fait l’objet de contrôle de certification, des origines de ressources minières de par le monde, règlementations relatives au principe de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), norme à laquelle le Togo à volontairement adhéré depuis 2010.

C’est en somme dans l’urgence de conformité avec le cadre mondial que l’AFEMET, disposant d’une expertise avérée dans la promotion des droits de la femme, a contribué à la réorganisation de ces femmes et hommes, acteurs de l’orpaillage artisanal dans la région centrale au Togo, afin qu’à l’issu, cette activité “nourrisse son homme”.

L’équipe de L’OEIL D’AFRIQUE

Expert Kossi AYEGNON et YERIMA Amidatou

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